La prévention des blessures au hockey?

Physiothérapeute du sport

La pratique sportive au quotidien fait partie d’une recette gagnante pour se tenir en forme et être en santé. Bien que les répercussions positives de la pratique sportive chez les jeunes soient innombrables, elle peut avoir son lot d’inconvénients. L’un d’entre eux est le risque de subir une blessure. En effet, le sport est la première cause de blessures chez les jeunes(1). Par chance, beaucoup d’efforts sont déployés pour réduire les risques et il existe des stratégies efficaces pour prévenir les blessures. Parmi celles-ci on retrouve des programmes d’éducation, le changement des règles de jeu, le port d’équipement sécuritaire ainsi que les programmes d’entraînement avant et pendant la saison. Voici quelques exemples pour lesquels la science à eu un impact positif sur la sécurité et la santé des joueurs de hockey.

Programmes d’éducation
Les programmes d’éducation peuvent être utilisés pour améliorer les connaissances des joueurs, parents et entraîneurs dans le but de prévenir les blessures. Par exemple, Think First Canada, une fondation qui se consacre à la prévention des blessures au cerveau et à la colonne vertébrale, a produit un vidéo expliquant les causes et symptômes des commotions cérébrales en plus d’élaborer des recommandations sur comment les prévenir. Non seulement les joueurs ayant vue le vidéo ont démontré une conscience plus grande des risques mais ils ont aussi modifié leurs comportements sur glace contrairement aux joueurs qui ne l’ont pas visionné. En effet, il y a eu une réduction significative du nombre de double-échec et de mises en échec par derrière chez les joueurs ayant fait le visionnement(2). Il ne s’agit que d’un exemple où l’éducation a amené des changements positifs sur la glace. C’est pour cette raison que SciencePerfo se donne comme mission d’augmenter la connaissance des gens qui gravitent autour du hockey par le biais de ses articles, ses conférences et autres interventions.

Les règlements
Aux états-unis, ce sont approximativement 98 000 blessures annuellement qui sont le résultat de la transgression d’une règle de jeu(3). C’est donc dire que le respect de celles-ci diminuerait probablement le nombre de blessures associées à la pratique sportive. Un exemple de règlement qui a découlé directement des observations fait par la science est l’âge à laquelle devrait être introduit la mise en échec. Plusieurs experts prétendent que l’apprentissage de la mise en échec en plus jeune âge favoriserait une meilleure technique et serait donc protecteur pour les années futures. Cependant, certaines études invalides cet argument. En effet, les joueurs ayant été exposés aux mises en échec dès le niveau Pee-wee seraient plus à risque de subir des blessures non seulement au niveau Pee-wee, mais aussi au niveau Bantam(4). SciencePerfo observera d’un œil attentif les études de l’impact de la nouvelle réglementation de Hockey Québec concernant l’interdiction de la mise en échec dans les niveaux Bantam CC et Midget CC.

L’équipement
Un exemple simple où le choix de l’équipement à un impact direct sur le risque de blessures est lorsque l’on choisit le casque de hockey. Bien qu’aucun casque ne prévienne le risque de subir une commotion cérébrale, on voit une différence claire au niveau des blessures au visage, aux yeux et aux dents lorsque le protecteur facial complet est utilisé. Le port de la demi-visière augmente le risque de blessure comparé au port du protecteur complet, mais diminue tout de même le risque comparé au casque sans visière(5). Ces découvertes ont amené des changements dans la LNH où le port actuel de la demi-visière est obligatoire pour les nouveaux joueurs qui font leur début dans la ligue.

Programme d’entrainement spécifique
Une des façons de diminuer le risque de blessure pendant la saison est de bien se préparer physiquement et de maintenir un niveau de forme optimal tout au long de l’année. C’est dans cette sphère de la prévention des blessures que les kinésiologues, biomécaniciens et physiothérapeutes de SciencePerfo se spécialisent plus spécifiquement.

L’identification de certains facteurs de risque guide la stratégie d’intervention spécifique à chaque situation. Par exemple, un athlète ayant subi une blessure au bas du corps est deux fois plus à risque de subir une autre blessure au bas du corps que le joueur qui n’en a jamais eue. Donc, un programme de prévention de blessure sera conçu en fonction des antécédents de blessures pour diminuer le risque de récidive. Il s’agit d’une bonne stratégie pour protéger les joueurs identifiés comme étant plus à risque de subir une blessure(6).

D’autres facteurs de risque peuvent être identifiés et atténués suite à un programme d’exercices spécifiques. Un exemple concret pour le hockey est la normalisation de la force des muscles adducteurs de la hanche pour prévenir les blessures à l’aine chez les joueurs à risque(7). Bien que le risque ne peut pas être complètement éliminé, le programme d’exercice utilisé dans cette étude a contribué à diminuer de près de 80% le risque de subir une telle blessure. Dans la planification des exercices, une attention particulière est accordée aux facteurs de risque identifiés suite à l’historique de blessures et l’évaluation spécifique au joueur de hockey.

Bref, que ce soit par l’enseignement, la modification des règles de jeu, l’utilisation d’équipements adaptés ou l’entraînement, les exemples ci-haut nous démontrent qu’il est possible de diminuer le risque de blessure et d’atténuer les effets négatifs de la pratique sportive.

Écrit par Maxime Provencher, M. Physiothérapie

Références:
1. Andrea S. Goldberg & coll. Injury Surveillance in Young Athletes A Clinician’s Guide to Sports Injury Literature. Sports Med 2007; 37 (3): 265-278.
2.Cook, D.J., M.D. Cusimano, C.H. Tator, & coll. Evaluation of the ThinkFirst Canada, Smart Hockey, brain and spinal cord injury prevention video. Inj. Prev. 9:361Y366, 2003.
3. Collins, C.L., Fields SK & Comstock RD. When the rules of the game are broken: what proportion of high school sports-related injuries are related to illegal activity?Inj Prev. 2008 Feb;14(1):34-8.
4. Macpherson, A., L. Rothman, and A. Howard. Body-checking rules and childhood injuries in ice hockey. Pediatrics. 117:e143Ye147, 2006.
5. Asplund C, Bettcher S, Borchers J. Facial protection and head injuries in ice hockey: a systematic review. Br J Sports Med 2009;43:993–999
6.Yang, J., S.W. Marshall, J.M. Bowling, et al. Use of discretionary protective equipment and rate of lower extremity injury in high school athletes. Am. J. Epidemiol. 161:511Y519, 2005.
7. Tyler TF, Nicholas SJ, Campbell RJ, Donellan S, McHugh MP. The effectiveness of a preseason exercise program to prevent adductor muscle strains in professional ice hockey players. Am J Sports Med. 2002 Sep-Oct;30(5):680-3.

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